Guide du micro-entrepreneur débutant

Se lancer dans le monde de l'entrepreneuriat nécessite beaucoup de courage et d’ambition. Beaucoup souhaiteraient devenir des entrepreneurs mais ne se montrent pas capables de franchir le pas. En cause, la peur de l’échec, de ne pas pouvoir se faire une place parmi la concurrence, et de perdre son investissement pour rien. Le fait seul de prendre l’initiative de créer sa propre entreprise, comme micro-entrepreneur ou autre, est donc une preuve de courage qui doit être saluée.

Néanmoins, il est important de garder à l’esprit que tout investissement n’est pas sans risques. Ouvrir votre entreprise n’est pas synonyme de succès, quel que soit le secteur d’activité que vous avez choisi. En revanche, il est possible de mettre toutes les chances de son côté en apprenant à faire les choses correctement et éviter les erreurs. Ce guide du micro-entrepreneur débutant vous aidera, à travers de nombreux conseils et informations, à gérer les débuts de votre micro-entreprise.

Qui peut devenir micro-entrepreneur ?

La première question que se pose généralement un individu souhaitant devenir entrepreneur, est de savoir s’il peut l’être. Concrètement, toute personne ouvre droit à la création d’une micro-entreprise, rassurez-vous. Il vous suffit de suivre correctement les démarches administratives liées à cette ambition. Cela dit, il faut tout de même noter que certaines obligations peuvent incomber au créateur de la micro-entreprise, en fonction de la nature de l’activité dans laquelle il souhaite se lancer.

Voici quelques exemples de conditions auxquelles il faut répondre en tant que créateur d’une nouvelle entreprise :

  • Atteindre l’âge de la majorité, en particulier si vous souhaitez mener des activités de type commercial ;
  • Ne pas faire l’objet de mesures d'incompatibilité ou d’incapacité ;
  • Avoir souscrit à une assurance professionnelle ;
  • Disposer d’une qualification professionnelle en lien avec l’activité visée ;
  • Ouvrir un compte bancaire dédié à votre entreprise (cela ne devient une obligation qu’après 2 années consécutives de chiffre d’affaires supérieur à 10 000 euros).

Auparavant, les artisans avaient l’obligation de suivre un stage de préparation à l’installation avant de lancer leur entreprise. Mais cette mesure a été supprimée depuis la mise en place de la loi PACTE.

Créer une micro-entreprise en tant qu’étudiant

Lorsque vous êtes étudiant, vous avez parfaitement le droit de créer votre propre entreprise comme tout le monde à condition bien sûr d’avoir atteint l’âge de la majorité. Assurez-vous seulement d’avoir le temps nécessaire pour la gestion de votre entreprise et la poursuite de vos études.

Par ailleurs, il est important de noter que les revenus que vous rapporteront vos activités vous rendront inéligible aux aides généralement attribuées aux étudiants. C’est le cas, par exemple, de la bourse d’études, de l’aide personnalisée au logement et de bien d’autres.

Devenir micro-entrepreneur en tant que salarié

Les salariés peuvent, eux aussi, ouvrir leur propre entreprise, mais seulement sous certaines conditions. En effet, un salarié est tenu par des obligations vis-à-vis de son employeur. Ce sont en l’occurrence des obligations de loyauté et de non-concurrence.

Dans son contrat de travail, le salarié est très souvent tenu par des clauses de confidentialité qui lui interdisent de lancer des activités pouvant apporter de la concurrence à l’employeur.

Si vous souhaitez créer une entreprise dans le même secteur d’activité que celui de votre employeur, il y a de fortes chances que la législation ne vous le permette tout simplement pas. Soyez donc attentif de ce côté.

Créer une micro-entreprise en tant que chômeur

Le chômeur peut, lui aussi, créer son entreprise. Il est uniquement tenu de déclarer son ambition auprès de Pôle Emploi. Par ailleurs, il faut savoir qu’un chômeur créant son entreprise devra faire une croix sur les indemnités qu’il percevait jusque-là. Néanmoins, étant considéré comme une personne financièrement précaire, le chômeur peut bénéficier de certaines aides lors de la création de sa micro-entreprise.

Concrètement, le chômeur ouvre droit à deux aides lors de la création de son entreprise, et ce sont les suivantes :

  • Il peut opter pour le maintien de l’aide au retour à l’emploi. Dans ce cas, il continuera de percevoir ses indemnités, plus les revenus de son entreprise. Ceci, à condition que le cumul des deux n’excède pas le salaire moyen ayant servi de base au calcul des droits du chômage.
  • Autrement, il peut opter pour l'aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). Dans ce cas, il percevra la moitié de ses revenus restants. Les revenus générés par sa nouvelle entreprise ne seront pas pris en compte ici.

Devenir micro-entrepreneur en tant que retraité

Les personnes retraitées souhaitant créer une micro-entreprise peuvent potentiellement perdre une partie de leur pension. Pour que cela ne soit pas le cas, il faut s’assurer qu’au regard de la nature de votre activité, vous répondez aux conditions requises pour être éligible au cumul libre. Pour l’être, vous devez bénéficier d’une retraite à taux plein et avoir liquidé l’ensemble de vos pensions.

Si vous n’êtes pas éligible au cumul libre, vous serez alors soumis au cumul dit plafonné. Cela signifie que vos deux revenus peuvent se cumuler, mais dans une limite, au-delà de laquelle vous ne percevrez pas plus de revenus. Cette limite est fixée comme suit :

  • Pour les activités commerciales ou artisanales, le plafond ne doit pas excéder la moitié du plafond annuel de la sécurité sociale.
  • Pour les activités de type libéral, vos revenus ne doivent pas dépasser la totalité du plafond annuel de la sécurité sociale.

Créer une micro-entreprise en tant que fonctionnaire

Contrairement à tous les autres statuts sociaux, il est relativement compliqué pour un fonctionnaire d’avoir droit à la création de micro-entreprise. Au regard de la législation, le fonctionnaire est censé consacrer l'intégralité de son activité professionnelle aux tâches administratives qui lui sont attribuées. Cette conception entre en conflit avec une éventuelle possibilité de créer une micro-entreprise.

C’est pourquoi les fonctionnaires à plein temps n’ouvrent pas droit à la création d’entreprise, exception faite de quelques secteurs d’activités. Ces derniers concernent quelques métiers associés à des activités lucratives accessoires, comme la production d'œuvres de l’esprit, l’expertise et le consulting, ou encore l’enseignement et la formation. Mais là encore, il faut avoir obtenu l’accord de la hiérarchie pour pouvoir créer sa propre entreprise.

Autrement, le seul moyen d’ouvrir une entreprise serait de quitter ses fonctions, ou bien de trouver la possibilité de travailler à temps partiel. Le temps partiel est considéré comme tel dans le cas où la durée du travail exercé est inférieure à 70% de la durée légale. Par ailleurs, il est impératif de notifier votre hiérarchie au minimum 3 mois avant de commencer les procédures pour créer votre micro-entreprise.

Le statut de fonctionnaire est donc le plus contraignant en ce qui concerne le droit à ouvrir sa propre entreprise.

micro-entrepreneuse

Les questions à se poser avant de créer sa micro-entreprise

Avant de franchir le pas pour créer sa micro-entreprise, il est toujours judicieux de commencer par se préparer. Pour cela, il faut vous poser les bonnes questions, afin de bien être sûr de ce que vous souhaitez faire, mais aussi de savoir si vous allez pouvoir le faire.

Vous poser les bonnes questions vous permettra également de tracer un plan, et d’anticiper les éventuels obstacles qui pourraient se poser sur votre chemin. Faisons un tour de ce sur quoi vous devez réfléchir avant de lancer votre micro-entreprise.

Compatibilité entre votre activité et le statut de micro-entrepreneur

Il faut savoir que certaines activités professionnelles sont exclues du statut de micro-entreprise au regard de la législation. Avant de vous lancer dans la création de votre entreprise, il faut donc d’abord vous assurer que votre secteur d’activité n’est pas dans ce cas.

Concrètement, quatre types d’activité ne peuvent bénéficier du régime de la micro-entreprise, et ce sont les suivants :

  • La vente de véhicules neufs dans des territoires hors de l’Union Européenne ;
  • Tout entreprise liée à des activités dans le milieu des marchés financiers ;
  • Les agents et marchands immobiliers, les lotisseurs et certains types de constructeurs ;
  • Les officiers publics et ministériels.

Évaluer le potentiel chiffre d’affaires

Vous le savez certainement, le statut de micro-entreprise ne saurait être gardé si jamais le montant de votre chiffre d’affaires s’élève au-delà d’un certain seuil. Le plafond du chiffre d’affaires dans le domaine de la micro-entreprise varie selon le type d’activité dont il est question.

Ainsi, il s’élève à 176 200 euros en ce qui concerne les activités de négoce et de fournitures de logements, tandis qu’il est limité à 72 500 euros concernant tous les autres types d’activité.

Si vous dépassez ce seuil, vous pourrez tout de même continuer à bénéficier du statut de micro-entreprise sous certaines conditions. Il faut pour cela que votre chiffre d’affaires de l’année précédente ou de l’avant dernière soit inférieur à ces mêmes plafonds. En revanche, si vous cumulez deux années de suite en dépassant les seuils, vous basculez automatiquement dans un régime réel d’imposition.

Par conséquent, si vous estimez dépasser largement ces seuils dès les premières années de vos activités ou rapidement, vous devriez revoir vos projets et opter pour un autre type de société.

Choisir le régime le plus adapté à votre activité

Le régime de la micro-entreprise est très souvent considéré comme le meilleur pour débuter. Et pour cause, il offre aux entrepreneurs toute une panoplie d’avantages et de simplifications. Cela dit, il peut s’avérer, dans certains cas particuliers, que le régime de micro-entreprise ne soit pas le plus bénéfique pour vous.

A titre d’exemple, le bénéfice réalisé est calculé par l’administration fiscale, et l’entrepreneur bénéficie d’un abattement forfaitaire. Seulement, toutes les charges pesant sur vous ne sont pas prises en compte dans leur intégralité. Lorsque le montant total de vos charges dépasse celui de votre abattement, le statut de micro-entreprise joue plutôt en votre défaveur.

Sur le plan social, certains cas de figure peuvent également jouer contre vous. Les cotisations sont calculées sur la base d’un pourcentage appliqué à vos revenus. Contrairement au régime réel d’imposition, vous n’avez pas la possibilité de déduire les charges de votre entreprise de vos recettes avant de les soumettre aux cotisations. Dans le cas où vous disposez de charges relativement importantes, vous êtes nettement perdant dans l’affaire.

Dans le régime de la micro-entreprise, la taxe sur la valeur ajoutée n’est ni remboursable ni déductible. Vous supporterez donc cette taxe comme une charge classique.

Vous l’aurez compris, le modèle de la micro-entreprise n’est pas forcément rentable, y compris si vous débutez tout juste vos activités. Il peut être beaucoup moins intéressant que d’autres régimes, en particulier dans le cas où vous avez des charges importantes. Réfléchissez donc bien sur le sujet avant d’agir, et choisissez le régime qui vous correspond le mieux.

Clarifier son projet de micro-entrepreneur

Enfin, l’une des choses les plus importantes à faire avant de se lancer dans la création de sa micro-entreprise est de faire le point sur son projet. Ce n’est pas sur un coup de tête qu’il faut franchir le pas. De même, ce n’est pas parce que vous croyez avoir soudainement eu l’idée d’un business rentable, qu’il faut plonger la tête la première.

Il est très important de prendre le temps de réfléchir à son projet en soi. A commencer par savoir s’il s’agit de quelque chose que vous souhaitez vraiment faire. Il arrive souvent que l’on soit excité à l’idée d’un business, puis qu’on s’en lasse rapidement, et qu’on lâche l’affaire. Soyez sûrs que ce que vous souhaitez faire est un domaine qui vous intéresse réellement, et non un simple effet de mode.

De même, posez-vous la question de savoir si le projet que vous souhaitez mener à bien est réaliste. Il ne faut pas manquer d’ambition, mais inutile de vous projeter dans des scénarios idéalistes et utopiques. Pour cela, vous devez prendre en compte l’ensemble des risques que comporte votre initiative, ainsi que les nombreux obstacles qui pourront s’opposer à vous. Si après mûre réflexion, vous disposez toujours de la même détermination, vous pouvez y aller.

Il est également important d’étudier la demande au niveau du marché, en ce qui concerne votre activité. Cela vous permettra de savoir s’il y a matière à attirer une clientèle conséquente. Il est toujours bon de se montrer original, mais attention aux secteurs qui n’intéressent que très peu de monde.

Devenir micro-entrepreneur

Comment créer sa micro-entreprise ?

Commençons par le commencement. Lorsque vous vous êtes décidé à franchir le Rubicon et ouvrir votre entreprise, vous devez accomplir un certain nombre de formalités sur le plan administratif.

La création se déroule en plusieurs étapes, que nous allons énumérer en détail ci-dessous.

La déclaration d’activité

La création de votre micro-entreprise commence par une déclaration d’activité. Vous pouvez remplir ce document directement en ligne, et ce gratuitement. De nombreux sites internet vous permettent de remplir une déclaration d’activité, quelques recherches vous permettront facilement de le faire. Le document sera ensuite traité par le Centre de Formalité des Entreprises. Sachez qu’il existe deux types de formulaires en ce qui concerne la déclaration d’activité.

Le premier est désigné sous le nom de formulaire P0 CM, et concerne les activités en relation avec le commerce ou l’artisanat. L’autre est le formulaire P0 PL, il est dédié aux professions de type libéral. Le formulaire P0 CM requiert 16 informations à remplir, tandis que le P0 PL ne se contente que de 8.

Choisissez le formulaire qui correspond à votre futur entreprise, et une fois rempli, il ne vous reste plus qu’à l’envoyer. Notez que vous devez en même temps fournir un justificatif d’identité électronique, tel que la carte nationale d’identité.

Le statut fiscal, social et juridique de votre entreprise

Après l’étape de la déclaration d’activité, vous allez devoir définir les statuts de votre entreprise sur les plans fiscal, juridique et social.

En fonction de la nature de votre activité, vous pourrez faire certains choix. Chaque choix possible dispose de ses propres avantages et inconvénients, et il reviendra à vous de choisir ceux que vous pensez être les plus bénéfiques. Laissez-nous vous donner quelques exemples à ce sujet.

Sur le plan juridique 

Beaucoup de nouveaux entrepreneurs souhaitent mettre à l’abri leur patrimoine personnel. Ne souhaitant pas mêler leur entreprise à leurs biens, ils choisissent alors d’opter pour le statut d’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL).

En faisant ce choix, vos créanciers professionnels ne pourront jamais mettre la main sur vos biens personnels, quelle que soit la situation.

Sur le plan fiscal 

Le statut fiscal de votre entreprise détermine la nature de cette dernière au regard du fisc. Il détermine notamment la manière dont vos activités seront imposées.

Les débutants choisissent généralement de bénéficier du versement fiscal libératoire de l’impôt sur le revenu. Ce système simplifie grandement le calcul et la liquidation de vos impôts, qui sont réalisés en même temps que vos cotisations sociales.

C’est un système bien plus simple que le système classique, et donc à privilégier pour les micro-entrepreneurs.

Sur le plan social 

En tant que micro-entreprise, vous bénéficiez automatiquement du régime micro-social simplifié. Vous pouvez choisir la périodicité du versement en ce qui concerne les cotisations sociales. Concrètement, vous disposez de deux choix, payer au mois ou au trimestre.

Sachez également que vous bénéficiez automatiquement de l'ACRE, une aide pour la création d’entreprise, sans avoir à effectuer de demande, à condition de remplir les critères.

S’assurer du respect des obligations vous concernant

Au-delà du dossier de création d’entreprise, il est important de s’assurer que vous répondez favorablement aux conditions légales qui incombent à votre type d’activité.

Vérifier que vous êtes apte à mener vos activités au regard de la loi vous permettra d’éviter d’avoir à faire face à de mauvaises surprises. Par exemple, certains secteurs requièrent des diplômes ou des qualifications particulières, soyez sûr de les avoir.

L’immatriculation au registre vous concernant

Tout micro-entrepreneur souhaitant exercer une activité de nature commerciale doit impérativement s'immatriculer au RCS (registre de commerce et des sociétés). Les artisans, quant à eux, ont l’obligation de s’immatriculer au répertoire des métiers. Enfin, il n’y a pas d’immatriculation nécessaire à l’égard de ceux qui exercent des professions libérales.

Quelques cas particuliers, ne répondant à aucun des cas susmentionnés, peuvent nécessiter une immatriculation à un registre particulier. Les agents commerciaux sont un exemple de cas particulier.

Sachez que l’immatriculation peut être réalisée par le biais du centre des formalités des entreprises, ou bien directement en ligne au niveau du site guichet-entreprises.fr. Dans tous les cas, il s’agit d’une démarche administrative gratuite.

Réception des identifiants

Lorsque votre création d’entreprise est traitée et avalisée, vous recevez des identifiants relatifs à cette dernière. Il s’agit en l’occurrence de votre identifiant au Système Informatique du Répertoire des ENtreprises (numéro SIREN). A cet identifiant sera associé un autre code, qui qualifie la nature de votre activité.

Ouverture d’un compte bancaire micro-entrepreneur

Une fois les étapes précédentes réalisées et passées, vous pouvez enfin démarrer les affaires de votre entreprise. Cela dit, il est toujours utile de procéder à l’ouverture d’un compte bancaire au nom de cette dernière.

Cette démarche, bien que facultative au départ, devient obligatoire lorsque le montant de votre chiffre d'affaires excède les 10 000 euros durant deux années consécutives.

Dans le choix de votre banque, tournez-vous vers des banques dédiées aux micro-entrepreneurs comme Shine ou Qonto par exemple.

Comptabilité micro-entreprise

Avantages et inconvénient de la micro-entreprise

Bien que le régime de la micro-entreprise soit le plus convoité des entrepreneurs qui souhaitent débuter dans le milieu, il est important de savoir qu’il ne constitue pas pour autant le régime parfait.

Comme toute chose, la micro-entreprise possède des avantages et des inconvénients. En fonction de la nature de votre activité mais aussi de bien d’autres facteurs, il est possible que vous bénéficiez plus de certains avantages et de moins d’inconvénients. De même, l’inverse est tout à fait possible.

Quoi qu’il en soit, laissez-nous vous présenter, dans ce guide du micro-entrepreneur débutant, les avantages et inconvénients de la micro-entreprise sans plus tarder.

Avantages de la micro-entreprise

Commençons par le bon côté des choses, en énumérant les avantages du régime de la micro-entreprise.

Une gestion simple et peu chère

Le premier avantage net de la micro-entreprise est la simplicité de son fonctionnement. Tellement simple que le micro-entrepreneur peut se passer des services d’un expert-comptable ou d’un adhésion à un CGA (centre de gestion agréé). Choses qui ne sont absolument pas pensables dans le cadre d’entreprises d’un autre régime.

De même, les démarches administratives à réaliser sont toutes gratuites. Le système d’imposition est lui aussi généralement favorable (pas toujours).

La simplicité et le coût réduit de la gestion sont deux caractéristiques très importantes pour un débutant dans le monde de l’entrepreunariat. En effet, le profil du débutant est par définition sans expérience, et généralement peu riche.

Obligations comptables simplifiées et peu nombreuses

Lorsque vous êtes gestionnaire d’une micro-entreprise, vous êtes dispensé de toute une liste d’obligations comptables. Pas besoin de retenir la moindre comptabilité, pas d’écritures comptables à enregistrer ni de comptes annuels à établir et à déposer au tribunal de commerce, etc. Concrètement, vous n’êtes soumis qu’à deux obligations comptables.

La première est de tenir le livre des recettes. La seconde, d’établir un registre des achats dans le cas où vous exercez une activité comprenant l’une ou plusieurs des caractéristiques suivantes :

  • Vente de marchandises, fournitures et denrées à emporter.
  • Vente de marchandises, fournitures et denrées à consommer sur place.
  • Fourniture de prestations d’hébergement. 

Cotisations sociales et système d’impôt simplifiés

La simplification dans la gestion de la micro-entreprise s’étend même aux plans social et fiscal. En effet, le paiement des cotisations sociales, de même que celui des impôts, sont relativement faciles et avantageux.

D’abord, du point de vue du statut social, le calcul des cotisations consiste en un taux forfaitaire qui s’applique sur votre chiffre d’affaires. Dans le cas où vous n’encaissez aucune facture, vous ne payez pas de charge et pouvez vous contenter d’une déclaration à zéro.

En ce qui concerne les impôts, le calcul est tout aussi simple. Il se caractérise par l’application d’un abattement sur votre chiffre d’affaires au cours d’une année, en tenant compte de l’ensemble des charges de votre entreprise. Le taux d’abattement peut varier selon la nature de votre activité de la manière suivante :

  • Les activités de vente et fournitures de logement bénéficient d’un abattement de 70%.
  • Pour les activités relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), le taux est de 50%.
  • Pour les activités relevant des bénéfices non commerciaux, le taux est de 34%. 

Notez qu’il est possible, sous réserve de remplir certaines conditions, d’opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.

Franchise de la TVA 

L’exonération du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée n’est pas une mesure exclusive à la micro-entreprise. Il s’agit d’un avantage applicable à toute entreprise, pourvu qu’elle ne dépasse pas les seuils de chiffre d’affaires qui lui sont attribués. Ces plafonds varient selon l’activité concernée comme suit :

  • Pour les activités d’achat et de revente, de vente à consommer sur place et des prestations d’hébergement, le seuil est fixé à 85 500 euros ;
  • Pour le reste des activités, il est estimé à 34 400 euros.

Généralement, ce sont les micro-entreprises qui réalisent des chiffres d’affaires n’excédant pas ces seuils. C’est pourquoi l’exonération de la TVA est plutôt un avantage pour ce type de régime.  Lorsque vous créez une micro-entreprise, vous bénéficiez automatiquement de cette exonération, sans avoir à formuler de demande.

L’exonération de la TVA vous permet, dans le cas où vous travaillez avec des particuliers qui ne la récupèrent pas, de proposer vos services à des prix compétitifs et/ou d’augmenter votre marge.

Les inconvénients de la micro-entreprise

A présent, il est temps de faire un tour sur les contreparties auxquelles il faut s’attendre lorsque vous souscrivez à un régime de micro-entreprise. Aucun type de régime n’est en effet parfait, et la micro-entreprise n’échappe pas à la règle.

Des critères restrictifs à respecter 

Pour être éligible au régime de la micro-entreprise, il est nécessaire d’entrer dans certaines conditions, à commencer par le plafonnement du chiffre d’affaires. En effet, en tant que micro-entreprise, vous ne pouvez-vous permettre de dépasser certains seuils en termes de chiffre d’affaires, seuils dont nous avons précédemment parlé. Les projets de taille relativement importante ne peuvent donc être réalisés sous le statut de micro-entrepreneur.

Vous remarquerez donc que le statut de micro-entreprise ne peut pas convenir à tout type d’ambition et de projet. Les critères exigés sont assez restrictifs et excluent de nombreux secteurs.

Maintien de l’aide au chômage compliqué 

Dans le régime de la micro-entreprise, vous pouvez bénéficier de l’aide au retour à l’emploi (ARE). Toutefois, les indemnités que vous recevrez dépendent des revenus générés par votre nouvelle entreprise.

Concrètement, le cumul de vos revenus et de votre indemnisation ne peut dépasser votre salaire mensuel moyen, ce dernier étant calculé par Pôle Emploi. Vous pouvez opter pour l’ARCE en vue de contourner cet inconvénient, mais quoi qu’il en soit, vous devrez choisir entre l’une ou l’autre de ces deux options.

La dispense de comptabilité

Oui, cela pourrait paraître contradictoire, puisque ce même élément figurait dans la liste des avantages de la micro-entreprise. Cela dit, il faut noter que la dispense de la comptabilité est à double tranchant. D’une part, elle vous exonère de certaines obligations et vous facilite la vie dans la gestion de votre entreprise. Mais cela n’est pas sans contrepartie.

Ne posséder aucun document financier peut vous porter préjudice, notamment lorsque vous êtes à la recherche de financements professionnels. Qui financera une entreprise dont les comptes annuels n’existent même pas ? Outre cela, l’absence de documents financiers est également néfaste à l’égard de votre notoriété auprès du public, notamment vos clients et fournisseurs.

Une société ne disposant pas d’une comptabilité dans les règles de l’art perd fortement en crédibilité. Cela peut constituer un problème d’ordre secondaire au tout début de vos activités, mais en grandissant, l’absence de comptabilité sera un souci plus lourd à porter lorsque vous chercherez à développer votre entreprise.

La TVA 

Là encore, la politique au sujet de la TVA appliquée pour le régime des micro-entreprises figurait bel et bien dans notre liste des avantages. Mais il est un piège dont il faut prendre conscience et qu’il faut savoir éviter.

Depuis 2017, les seuils de revenus permettant d’être dans le régime de la micro-entreprise ne sont plus en lien avec le seuil de la franchise sur la TVA. Cela signifie que vous pouvez dépasser les plafonds fixés pour la franchise de la TVA tout en restant dans le régime de la micro-entreprise. En d’autres termes, vous devenez redevable de la TVA, tout en restant micro-entrepreneur.

Pour éviter cela, il faut suivre de près l’évolution de votre chiffre d’affaires, mais aussi de vos encaissements, afin de ne pas tomber dans ce piège sournois.

A qui s’adresse le régime de la micro-entreprise ?

Compte tenu des avantages et des inconvénients du micro-entrepreneur énumérés ainsi que sur la base de tout ce qui a été dit précédemment, on peut conclure le profil de personnes pour lesquelles le régime de la micro-entreprise est adapté. A l’inverse, certains profils ont tout intérêt à éviter d’opter pour un tel statut en créant leur entreprise.

La micro-entreprise constituerait un bon plan pour les personnes souhaitant se lancer dans de petites activités. Cela signifie que ces activités nécessitent peu d’investissements et de stocks, et ne présentent pas de risques particuliers.

De même, elle convient à ceux qui n’ont pas beaucoup d’achats à réaliser, ni de prestataires à solliciter, et dont la clientèle se compose essentiellement de particuliers. Dans ce cas, vous n’aurez pas à vous soucier de la non-récupération de la TVA.

En revanche, il est déconseillé d’opter pour ce régime dans le cas où votre activité nécessite des investissements coûteux, que ce soit en termes de stocks, de matériel, d’assurances ou autres. De même, la micro-entreprise est à éviter pour ceux qui souhaitent embaucher des salariés, et qui cherchent un développement relativement rapide de leur société et de leur activité.

Nous espérons que ce guide du micro-entrepreneur débutant vous aura été d'une grande aide. Si après sa lecture, vous pensez que ce statut est adapté à votre projet, alors n'attendez plus et lancez-vous. L'entrepreunariat est une belle aventure très enrichissante.