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Reconversion professionnelle : étapes, dispositifs et financement en 2026

Reconversion professionnelle : les dispositifs selon la situation, de la période de reconversion à la démission-reconversion

Une reconversion professionnelle consiste à changer de métier, souvent en passant par une formation qui mène à une nouvelle certification. Elle se prépare en quelques étapes : faire le point, vérifier que le métier visé est réaliste, se former, puis trouver un poste. Le choix du dispositif dépend surtout de votre situation : rester dans votre entreprise, changer d’employeur, démissionner ou chercher un emploi.

Le paysage a changé en 2026 : la période de reconversion remplace depuis le 1er février la Pro-A et les transitions collectives, et le CPF est plus encadré (plafonds, participation de 150 €).

Quel dispositif selon votre situation

Votre situation Dispositif Votre rémunération Point clé
Salarié qui veut changer de métier dans son entreprise Période de reconversion interne Salaire maintenu Accord écrit avec l’employeur, formation financée par l’opérateur de compétences
Salarié qui veut essayer un métier chez un autre employeur Période de reconversion externe Celle du nouveau contrat Contrat d’origine suspendu, retour possible si la période d’essai échoue
Salarié qui a besoin d’une formation longue Projet de transition professionnelle (PTP) 100 % jusqu’à 2 Smic, 90 % au-delà Ancienneté exigée, dossier validé par Transitions Pro
Salarié en CDI qui veut quitter son emploi Démission-reconversion Allocation chômage après la démission Projet validé par Transitions Pro avant de démissionner
Demandeur d’emploi Aides de France Travail, CPF Allocation chômage maintenue pendant la formation, sous conditions Projet à construire avec son conseiller
Tout actif CPF, validation des acquis de l’expérience (VAE) Selon le cas Formation certifiante ou reconnaissance de l’expérience
Reconversion professionnelle : période de reconversion interne ou externe, projet de transition professionnelle et démission-reconversion selon la situation du salarié

Les étapes d’une reconversion

  1. Faire le point avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP), gratuit : Avenir Actifs pour les salariés du privé hors cadres et les indépendants, l’Apec pour les cadres, France Travail, Cap emploi ou les missions locales pour les demandeurs d’emploi. Si les pistes restent floues, un bilan de compétences permet d’aller plus loin.
  2. Vérifier le métier visé : rencontrer des professionnels, faire une immersion (une période de mise en situation en milieu professionnel est possible quand on est accompagné par France Travail, Cap emploi ou une mission locale), regarder les salaires réels et les besoins de recrutement dans votre région. L’enquête « Besoins en main-d’œuvre » (BMO) de France Travail, publiée chaque printemps, indique par bassin d’emploi les métiers qui recrutent et ceux où les recrutements sont jugés difficiles. L’édition 2026 recense environ 2,3 millions de projets de recrutement, en baisse de 6,5 % sur un an : mieux vaut donc vérifier la demande dans votre bassin d’emploi que se fier à une liste nationale de « métiers d’avenir ».
  3. Choisir la formation : une certification inscrite au RNCP, un certificat de qualification professionnelle ou des blocs de compétences. Si vous avez déjà l’expérience du métier visé, la validation des acquis de l’expérience peut éviter une formation complète.
  4. Financer le projet avec le dispositif adapté (voir le tableau ci-dessus et le détail plus bas).
  5. Préparer la candidature : un CV qui met en avant les compétences transférables et une lettre qui explique le projet (voir notre article sur la lettre de motivation, qui comporte un exemple pour la reconversion).

La période de reconversion

Créée par la loi du 24 octobre 2025 et en vigueur depuis le 1er février 2026 (décrets n° 2026-39 et 2026-40 du 28 janvier 2026), la période de reconversion remplace la Pro-A et les transitions collectives. Elle est ouverte à tous les salariés, quel que soit leur contrat, sans condition d’âge, d’expérience ou de diplôme. Elle permet d’obtenir une certification inscrite au RNCP, un certificat de qualification professionnelle ou des blocs de compétences.

Elle prend deux formes :

  • interne : le salarié reste dans son entreprise, son contrat continue et sa rémunération est maintenue ; il se forme pour occuper un autre poste ;
  • externe : le contrat d’origine est suspendu et le salarié est embauché en CDD ou en CDI par une entreprise d’accueil, avec une période d’essai. Si elle n’est pas concluante, il revient dans son entreprise selon les modalités prévues dans l’accord écrit ; s’il reste dans l’entreprise d’accueil, le contrat d’origine est rompu (par rupture conventionnelle pour un CDI).

La formation dure en principe de 150 à 450 heures sur 12 mois au plus ; un accord de branche ou d’entreprise peut aller jusqu’à 2 100 heures sur 36 mois. Un accord écrit entre le salarié et l’employeur fixe l’organisation. L’employeur transmet le dossier à l’opérateur de compétences (OPCO) dans les 30 jours qui précèdent le début de la période ; l’OPCO finance la formation, à 9,15 € de l’heure si la branche n’a pas fixé d’autre montant. Le CPF du salarié peut compléter le financement, avec son accord.

Le projet de transition professionnelle

Le projet de transition professionnelle (PTP) permet de suivre une formation certifiante longue en s’absentant de son poste, avec une rémunération maintenue en grande partie. Il est financé par Transitions Pro, l’association paritaire de votre région.

  • Ancienneté : en CDI, 2 ans d’activité salariée, consécutifs ou non, dont 1 an dans l’entreprise ; en CDD, 2 ans sur les 5 dernières années, dont 4 mois en CDD au cours des 12 derniers mois.
  • Demande à l’employeur : au moins 120 jours avant une formation d’au moins 6 mois suivie à temps plein, 60 jours avant une formation plus courte, à temps partiel ou fractionnée. L’employeur répond sous 30 jours ; sans réponse, l’absence est autorisée. Il peut reporter le départ de 9 mois au plus si l’absence nuit à la marche de l’entreprise.
  • Rémunération : 100 % du salaire moyen de référence jusqu’à 2 Smic (3 734,04 €), 90 % au-delà pour une formation d’un an ou 1 200 heures au plus ; pour une formation plus longue, 90 % la première année puis 60 %, sans descendre sous 3 734,04 €.
  • Pendant la formation, le temps est assimilé à du travail effectif : congés payés, ancienneté et protection sociale sont maintenus. Au retour, le salarié retrouve son poste ou un poste équivalent.

Démissionner pour se reconvertir

Un salarié en CDI peut démissionner et toucher l’allocation chômage pour mener un projet de reconversion, à condition de suivre les étapes dans cet ordre :

  1. Vérifier l’ancienneté : au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois. Les congés sans solde et sabbatiques ne comptent pas.
  2. Rencontrer un conseiller en évolution professionnelle avant de démissionner, pour construire le projet : une formation qualifiante ou une création ou reprise d’entreprise.
  3. Déposer le dossier auprès de Transitions Pro, qui atteste du caractère « réel et sérieux » du projet.
  4. Démissionner seulement après cette attestation, puis s’inscrire à France Travail dans les 6 mois qui suivent la décision.

France Travail vérifie ensuite que le projet est bien mené : sans démarche réelle, l’allocation peut être supprimée pendant 4 mois. Une démission donnée avant la validation du projet ne permet pas de toucher l’allocation. Le site officiel demission-reconversion.gouv.fr permet de tester son éligibilité.

Si vous êtes demandeur d’emploi

Le projet se construit avec le conseiller France Travail. Une formation peut être financée par le CPF (sans la participation de 150 €, dont les demandeurs d’emploi sont dispensés), par France Travail ou par la région, selon le projet et les besoins de recrutement locaux. L’allocation chômage continue d’être versée pendant une formation validée par le conseiller ; si les droits s’épuisent avant la fin, une rémunération de fin de formation peut prendre le relais sous conditions. Les règles du CPF sont détaillées dans notre guide du compte personnel de formation.

Questions fréquentes

Peut-on se reconvertir à 45 ou 50 ans ?

Oui. Aucun des dispositifs ne fixe de limite d’âge, et la période de reconversion a justement été créée par une loi sur l’emploi des salariés expérimentés. À cet âge, l’expérience accumulée peut être reconnue par une VAE, ce qui raccourcit la formation.

Peut-on se reconvertir sans perdre son salaire ?

Oui, avec la période de reconversion interne (salaire maintenu) ou le PTP (100 % du salaire jusqu’à 2 Smic). Une formation suivie en dehors du temps de travail avec le CPF n’a pas non plus d’effet sur le salaire.

Rupture conventionnelle ou démission-reconversion ?

La rupture conventionnelle suppose l’accord de l’employeur mais ouvre droit au chômage sans condition de projet ; depuis le 1er septembre 2026, la durée d’indemnisation est toutefois plus courte (15 mois au plus avant 55 ans). La démission-reconversion ne dépend que du salarié, mais le projet doit être validé avant de démissionner, puis suivi.

Sources

Règles vérifiées le 28 octobre 2026 sur les pages suivantes :

  • Service-Public, actualité « Période de reconversion » (13 février 2026) ; décrets n° 2026-39 et n° 2026-40 du 28 janvier 2026 ; loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025
  • DREETS Normandie, « La période de reconversion » (mise à jour du 9 septembre 2026)
  • Service-Public, « Projet de transition professionnelle (PTP) » (fiche F14018, vérifiée le 1er juin 2026)
  • France Travail, « Je veux démissionner et j’ai un projet de reconversion professionnelle » ; Transitions Pro, « Démission-reconversion »
  • France compétences, « Mon conseil en évolution professionnelle » (opérateurs 2024-2027)
  • Service-Public, « Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé » (fiche F10705)
  • France Travail, enquête « Besoins en main-d’œuvre » 2026 (résultats nationaux relayés par la Banque des Territoires, avril 2026)
Alban Larzec'h

Alban Larzec'h

Salarié dans le domaine de la formation professionnelle et micro-entrepreneur dans le web, j’apporte une vision croisée des enjeux actuels de l’entreprise. Fort d’une expérience de plus de dix ans dans le digital, je partage ici des contenus autour du management, du marketing et des ressources humaines.