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Démission pendant un congé sabbatique : préavis et chômage

Congé sabbatique

Oui, un salarié peut démissionner pendant un congé sabbatique. Le contrat de travail est suspendu, pas rompu : la démission y met fin, avec un préavis seulement si une convention collective, le contrat ou un usage en prévoit un. En principe, une démission n’ouvre pas droit à l’allocation chômage. Ce guide rappelle les règles du congé sabbatique, détaille les cinq façons dont le contrat peut être rompu pendant le congé, et explique le préavis, le chômage et les erreurs à éviter.

L’essentiel en quatre points :

  • La démission est possible pendant le congé : le contrat étant suspendu, le salarié peut le rompre comme n’importe quel salarié en CDI.
  • Le préavis n’est pas automatique : il n’est dû que s’il est prévu par une convention collective, le contrat de travail ou les usages.
  • Certaines situations dispensent de préavis de plein droit : la grossesse médicalement constatée et la démission pour élever un enfant. Dans les autres cas, il faut l’accord de l’employeur.
  • La démission ne donne en principe pas droit au chômage, sauf démission légitime. La rupture conventionnelle, elle, ouvre des droits.

Le congé sabbatique en bref : conditions et demande

Le congé sabbatique est une période de pause non rémunérée qui suspend le contrat de travail. Contrairement au congé sans solde, il est prévu et encadré par le Code du travail. Si vous vous demandez comment faire une demande de congé sabbatique, retenez d’abord les conditions et la procédure ci-dessous, puis consultez les démarches administratives pour demander un congé sabbatique.

Les conditions pour en bénéficier

  • justifier d’au moins 36 mois d’ancienneté dans l’entreprise, consécutifs ou non ;
  • justifier de 6 années d’activité professionnelle ;
  • ne pas avoir bénéficié, dans les 6 dernières années, d’un congé comparable (autre congé sabbatique, congé pour création d’entreprise ou projet de transition professionnelle) ;
  • demander un congé d’une durée comprise entre 6 et 11 mois (une convention collective peut prévoir d’autres durées).

La demande et la réponse de l’employeur

La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge, au moins 3 mois avant le départ, en précisant la date de départ et la durée souhaitée. L’employeur répond dans les 30 jours, et son silence vaut accord. Il peut aussi :

  • reporter le départ, de 6 mois au plus (9 mois dans les entreprises de moins de 300 salariés), pour limiter le nombre d’absences simultanées ;
  • refuser, si les conditions ne sont pas remplies ; dans une entreprise de moins de 300 salariés, il peut aussi refuser si le départ a des conséquences préjudiciables à la marche de l’entreprise, après avis du comité social et économique.

Pendant et après le congé

Le contrat est suspendu et le salaire n’est pas versé. À la fin du congé, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente.

Les cinq façons de rompre le contrat pendant un congé sabbatique

D’après la fiche de code.travail.gouv.fr, le contrat peut être rompu pendant le congé par la démission, le licenciement pour motif économique, le licenciement pour motif personnel, la rupture conventionnelle ou la force majeure.

La démission

Pendant le congé, le contrat n’est pas rompu, il est suspendu : le salarié peut donc le rompre par la démission. La loi n’impose pas de forme : elle peut être orale ou écrite, mais il est préférable de la formuler par écrit, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge, pour éviter tout litige sur la date. Votre convention collective peut imposer un formalisme particulier. Pour la rédaction, voir notre modèle de lettre de démission.

Le licenciement pour motif économique

L’employeur peut rompre le contrat pendant le congé pour un motif économique.

Le licenciement pour motif personnel

L’employeur peut aussi rompre le contrat pour un motif personnel, notamment lorsqu’une faute est découverte après le départ du salarié.

La rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle est possible pendant un congé sabbatique, comme pendant d’autres suspensions du contrat. Le salarié et l’employeur s’accordent sur les conditions de la rupture. Contrairement à la démission, elle ouvre droit à une indemnité de rupture et à l’allocation chômage.

La force majeure

Un événement imprévisible, irrésistible et extérieur aux parties peut aussi mettre fin au contrat, sans respecter les formalités du licenciement.

Démission après un congé sabbatique

Démission pendant un congé sabbatique : le préavis

Un préavis seulement s’il est prévu par un texte ou un usage

La loi ne fixe pas de durée de préavis pour la démission. Elle découle de la convention collective, du contrat de travail ou des usages de la profession. Selon code.travail.gouv.fr, le salarié en congé sabbatique doit donc un préavis si les dispositions conventionnelles en prévoient un, et seulement dans ce cas. Vérifiez votre convention collective et votre contrat avant de déposer votre lettre.

Dispense de préavis : de plein droit ou sur accord

  • De plein droit : une salariée dont la grossesse est médicalement constatée peut démissionner sans préavis. Il en va de même pour un salarié qui démissionne pour élever un enfant à l’issue d’un congé de maternité ou d’adoption, à condition de prévenir l’employeur 15 jours avant la fin du congé ou dans les deux mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant.
  • Sur demande : dans les autres cas, le salarié peut demander à son employeur d’être dispensé de préavis. L’employeur est libre d’accepter ou de refuser. S’il accepte une dispense demandée par le salarié, il n’a pas à verser d’indemnité compensatrice de préavis. S’il décide de lui-même de réduire ou de supprimer le préavis, il doit au salarié cette indemnité.

Démission et chômage

La démission ne donne en principe pas droit à l’allocation chômage. France Travail reconnaît toutefois certaines démissions légitimes : violences conjugales, harcèlement au travail, suivi du conjoint qui change de lieu de travail pour raison professionnelle. C’est aussi le cas de la démission pour un projet de reconversion professionnelle : le projet doit être réel et sérieux, validé par une association Transitions Pro, et le salarié doit avoir travaillé 5 ans en continu avant de démissionner.

Si vous envisagez de quitter l’entreprise, comparez avec la rupture conventionnelle, qui ouvre droit à l’allocation sous les conditions habituelles.

Les erreurs à éviter pendant un congé sabbatique

Manquer à son obligation de loyauté

Le contrat est suspendu, mais le salarié reste tenu à une obligation de loyauté envers son employeur. Il ne peut pas travailler pour un concurrent et doit respecter une obligation de discrétion, notamment sur les données confidentielles de l’entreprise. S’il ne respecte pas ces obligations, il peut être licencié.

Couper complètement les ponts

Vous retrouvez votre emploi ou un emploi similaire à la fin du congé, mais l’entreprise évolue en votre absence. Garder un lien raisonnable (prendre des nouvelles, informer l’employeur de l’avancement de vos projets) facilite la reprise. Il ne s’agit pas de donner des nouvelles chaque jour.

Préparer l’après-congé

Un congé sabbatique permet de faire le point sur son parcours : bilan de compétences, formation, projet de création d’entreprise, reconversion. Si vous décidez de ne pas revenir, anticipez les conséquences d’une démission (préavis, absence d’allocation chômage en principe) avant d’envoyer votre lettre.

Questions fréquentes

Peut-on démissionner pendant un congé sabbatique ?

Oui. Le contrat est suspendu, pas rompu, et le salarié peut y mettre fin par une démission, comme à tout moment.

Faut-il faire un préavis de démission pendant un congé sabbatique ?

Seulement si une convention collective, le contrat de travail ou un usage en prévoit un. La loi ne fixe pas de préavis de démission.

Peut-on partir sans préavis ?

De plein droit en cas de grossesse médicalement constatée ou pour élever un enfant après un congé de maternité ou d’adoption. Dans les autres cas, il faut l’accord de l’employeur.

A-t-on droit au chômage après une démission pendant un congé sabbatique ?

En principe non, sauf démission légitime reconnue par France Travail (violences conjugales, harcèlement, suivi du conjoint, projet de reconversion validé). La rupture conventionnelle ouvre droit à l’allocation chômage.

Peut-on être licencié pendant un congé sabbatique ?

Oui, pour un motif économique ou pour un motif personnel, y compris pour une faute découverte après le départ du salarié.

Quelle est la durée d’un congé sabbatique ?

Entre 6 et 11 mois, sauf durée différente prévue par une convention collective.

Sources

Informations vérifiées le 6 octobre 2026 sur les pages suivantes :

Alban Larzec'h

Alban Larzec'h

Salarié dans le domaine de la formation professionnelle et micro-entrepreneur dans le web, j’apporte une vision croisée des enjeux actuels de l’entreprise. Fort d’une expérience de plus de dix ans dans le digital, je partage ici des contenus autour du management, du marketing et des ressources humaines.