Le business plan est le document qui traduit votre modèle économique en actions et en chiffres. Il décrit le projet, la stratégie, les moyens à mettre en œuvre et les prévisions financières, pour convaincre ceux qui le lisent : associés, banque, investisseurs, fournisseurs. Il sert aussi à vous-même : une fois l’entreprise lancée, il devient la base de votre tableau de bord de gestion. Ce guide détaille le plan type, les trois tableaux financiers, un exemple chiffré de plan de financement et les erreurs fréquentes.
L’essentiel en quatre points :
- Il ne fait pas partie des pièces du dossier d’immatriculation, mais les financeurs et les investisseurs s’appuient dessus.
- Un bon dossier est soigné, concis mais complet : comptez entre 10 et 30 pages, avec en tête un résumé de une ou deux pages.
- Le volet financier repose sur trois tableaux de base : le compte de résultat prévisionnel, le plan de financement initial et le plan de trésorerie. Service-Public y ajoute le bilan prévisionnel.
- La prudence paie : il vaut mieux minimiser les recettes et maximiser les coûts que l’inverse.
À quoi sert un business plan, et qui le lit ?
Bpifrance Création lui assigne six objectifs : matérialiser le projet, valider sa faisabilité, présenter un document synthétique et cohérent, vous obliger à vous poser les bonnes questions, éclairer les zones d’ombre et demander des financements. Il apporte aussi de la visibilité, permet de planifier le projet dans le temps, rassure les partenaires et fournit un outil d’analyse et de prévision.
Il s’adresse à vos associés, à la banque, aux investisseurs et aux fournisseurs. Le lecteur doit comprendre rapidement de quoi il s’agit, à quel besoin répond le produit ou le service, qui est à l’origine du projet et quels sont ses objectifs et ses atouts, pour pouvoir prendre position.
Business plan ou business model ?
Le business model, ou modèle économique, est le concept qui permet à une entreprise de gagner de l’argent. Le business plan en est la déclinaison concrète, opérationnelle et chiffrée : il décrit précisément le projet, la stratégie et les moyens à mettre en œuvre. Dans l’ordre habituel, l’étude de marché précède le business model, qui précède le business plan.
Le plan type d’un business plan
Bpifrance Création liste huit éléments indispensables, dans cet ordre :
- le résumé (executive summary) ;
- le sommaire ;
- vous et votre équipe ;
- la présentation générale du projet ;
- la partie économique ;
- la partie financière ;
- la partie juridique ;
- la partie documentaire (les annexes).
Ce plan type peut servir de modèle. Service-Public en propose une version resserrée en cinq parties : un pitch d’introduction, la présentation du produit ou du service, le business model (la stratégie commerciale), la synthèse de l’étude de marché et la synthèse du prévisionnel financier, avec un budget prévisionnel sur les trois années à venir.
Le résumé
Une ou deux pages, synthétiques et « vendeuses » : le lecteur doit comprendre immédiatement de quoi il est question et avoir envie de poursuivre. Le résumé reprend le créateur et l’équipe, le projet, les avantages concurrentiels, la clientèle, la stratégie commerciale, la rentabilité, le financement du projet et l’entreprise dans trois ans.
Vous et votre équipe
Présentez-vous avec le même soin que pour un CV d’embauche, en valorisant ce qui, dans votre parcours, se rattache au projet. Si vous êtes plusieurs, insistez sur la complémentarité de l’équipe. Pour certains projets, la personnalité du créateur compte autant que le projet lui-même.
La présentation générale du projet
Expliquez comment et pourquoi l’idée est venue, ce qui vous motive, les objectifs que vous poursuivez et vos atouts pour réussir.
La partie économique
Elle reprend les conclusions de l’étude de marché : le marché, les clients potentiels et leurs caractéristiques, les concurrents directs et indirects, l’environnement. Elle expose ensuite la stratégie retenue : segmentation du marché, choix du couple produit/marché, positionnement par rapport à la concurrence et volet opérationnel (produit, prix, distribution et communication, ce que l’on appelle les 4P du marketing mix), puis l’estimation du chiffre d’affaires prévisionnel. Une analyse SWOT aide à présenter les forces et les faiblesses du projet, et un plan d’action commercial à détailler la stratégie commerciale.
La partie juridique
Le choix entre entreprise individuelle et société repose sur plusieurs critères : nombre de participants, nature de l’activité, volonté de s’associer, responsabilité, mode de fonctionnement et de gestion, engagement financier, régime fiscal, régime social et perspectives de développement. Notre guide pour choisir son statut juridique détaille la comparaison.
Les annexes
La partie documentaire regroupe les pièces justificatives, par exemple l’étude de marché détaillée, les CV des porteurs de projet et le dossier financier détaillé.
Création, reprise : adapter le contenu à son projet et à son lecteur
Pour une reprise d’entreprise, le business plan présente en plus la cible : son historique et son organisation, son activité, sa clientèle, sa politique commerciale, ses moyens d’exploitation et ses fournisseurs. Le dossier financier comprend alors ses trois derniers bilans, l’analyse de son chiffre d’affaires et de sa rentabilité, ses principaux ratios et ses modalités de reprise (rachat du fonds de commerce, des titres, location-gérance…). Quel que soit le projet, Service-Public conseille de rédiger plusieurs versions du document selon l’investisseur auquel il s’adresse, et d’éviter les termes trop techniques.
La partie financière : les tableaux chiffrés
Le volet financier chiffre le projet. Bpifrance Création conseille de commencer par le compte de résultat prévisionnel, puis d’établir le plan de financement initial et le plan de trésorerie. Service-Public cite quatre tableaux : le compte de résultat, le bilan, le plan de financement et le plan de trésorerie. Les prévisions portent sur les premières années de l’entreprise : trois ans en général, cinq au maximum.
| Tableau | Question à laquelle il répond | Contenu | Montants |
|---|---|---|---|
| Compte de résultat prévisionnel | Combien me rapporte mon projet ? | Les produits (chiffre d’affaires) moins les charges | Hors taxes |
| Plan de financement initial | Quels capitaux faut-il pour lancer le projet ? | Les besoins d’un côté, les ressources de l’autre | Hors taxes |
| Plan de trésorerie | Combien me reste-t-il en fin de mois ? | Les encaissements moins les décaissements, de janvier à décembre, et le solde de trésorerie | Toutes taxes comprises |
Le compte de résultat prévisionnel
Il répond à une question simple : l’activité va-t-elle générer assez de recettes pour couvrir les charges qu’entraînent les moyens humains, matériels et financiers mobilisés ? Pour le construire, on part des prévisions de ventes par produit ou service (volume et prix), des ressources nécessaires à la réalisation des objectifs et des grandes variables économiques : prix d’achat, niveau des salaires, taux de charges sociales et fiscales, taux d’intérêt.
Le chiffre d’affaires est souvent l’étape la plus longue et la plus délicate : il s’appuie sur l’étude de marché et la stratégie commerciale (nos méthodes d’estimation sont détaillées dans le guide de l’étude de marché). Côté charges, distinguez les coûts directs et les coûts indirects (loyer, communication, assurances, énergie, frais bancaires). Le coût des charges sociales varie selon la structure juridique choisie.
Le plan de financement initial
Il met en regard les besoins du démarrage (investissements, stock de départ, frais de création, trésorerie de départ) et les ressources prévues (apport personnel, emprunts, prêt d’honneur…). Les deux totaux doivent être égaux. Exemple avec des chiffres fictifs :
| Besoins | Montant | Ressources | Montant |
|---|---|---|---|
| Matériel et équipement | 18 000 € | Apport personnel | 10 000 € |
| Stock de départ | 5 000 € | Prêt bancaire | 15 000 € |
| Frais de création de l’entreprise | 2 000 € | Prêt d’honneur | 10 000 € |
| Trésorerie de départ | 10 000 € | ||
| Total des besoins | 35 000 € | Total des ressources | 35 000 € |
Pour les sources de financement, voir notre article sur les aides à la création d’entreprise et notre guide de la levée de fonds.
Le plan de trésorerie
Il suit les entrées et les sorties d’argent, mois par mois, sur le premier exercice au minimum. Il répond à des questions concrètes : les recettes encaissées tout au long de l’année permettront-elles de faire face en permanence aux dépenses ? Quels sont les creux d’activité ? Comment se forme la trésorerie mensuelle ?
C’est là que se glissent les erreurs les plus courantes. Les décalages de paiement en sont un exemple : vos clients paient à 30 jours, mais votre fournisseur demande un règlement immédiat. Le besoin en fonds de roulement (BFR), c’est-à-dire la trésorerie nécessaire pour financer l’exploitation, est difficile à estimer et souvent oublié.
Le bilan prévisionnel
Service-Public, comme la fiche des CCI (sous forme de bilan simplifié), cite aussi un bilan prévisionnel : il présente la situation financière de l’entreprise, c’est-à-dire ce qu’elle possède et ce qu’elle doit, à la clôture de chaque exercice. Bpifrance Création ne le met pas en avant pour une création : demandez à votre banque ou à votre expert-comptable s’il est attendu dans votre dossier.
Le seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité, ou point mort, est le montant minimal de ventes à atteindre pour couvrir les charges. Une formule classique le calcule en divisant les charges fixes par le taux de marge sur coûts variables. Avec des chiffres fictifs : 36 000 € de charges fixes par an et un taux de marge sur coûts variables de 40 % donnent un seuil de 90 000 € de chiffre d’affaires par an, soit 7 500 € par mois. Prévoyez aussi le temps nécessaire pour l’atteindre. Notre article pour analyser la rentabilité de votre entreprise détaille ces calculs.
Plusieurs scénarios et de la prudence
Bpifrance Création recommande d’étayer chaque hypothèse, sans jamais inventer de chiffres, et d’élaborer plusieurs scénarios : optimiste, réaliste et prudent. Prévoyez une marge de sécurité, notamment sur la capacité d’autofinancement, et actualisez régulièrement le business plan. Il est prudent de minimiser les recettes et de maximiser les coûts pour éviter les mauvaises surprises. Si les tableaux montrent un déséquilibre important, revoyez le projet, réduisez vos ambitions ou cherchez d’autres financements.
Exemple de business plan (cas fictif)
Voici comment se remplissent les éléments du plan type pour un atelier de réparation de vélos, dans une ville de 50 000 habitants. L’exemple est fictif ; ses chiffres reprennent ceux de nos exemples de plan de financement et de seuil de rentabilité, et ceux de l’exemple du guide de l’étude de marché.
| Élément | Contenu dans l’exemple |
|---|---|
| Résumé | Un atelier de réparation et d’entretien de vélos ouvert par un mécanicien cycle, avec réparation sous 48 heures et tarifs affichés ; 35 000 € à financer ; seuil de rentabilité atteint en troisième année. |
| Vous et votre équipe | Un fondateur, six ans d’expérience comme mécanicien en magasin de cycles ; un expert-comptable pour le suivi. |
| Le projet | L’idée vient d’un constat : au printemps, les ateliers des magasins de cycles sont saturés et les délais s’allongent. |
| Partie économique | Marché local estimé à 1 800 000 € par an ; trois concurrents directs et un concurrent indirect (la réparation soi-même) ; positionnement sur le délai et la transparence des prix ; produit (réparation, entretien), prix (forfaits), distribution (atelier, enlèvement à domicile) et communication (fiche en ligne, réseaux locaux). |
| Partie financière | Chiffre d’affaires de 55 000 € la première année, 80 000 € la deuxième et 100 000 € la troisième ; seuil de rentabilité de 90 000 € par an, atteint la troisième année ; plan de financement de 35 000 € (apport, prêt bancaire, prêt d’honneur) ; plan de trésorerie mensuel sur le premier exercice. |
| Partie juridique | EURL : responsabilité limitée aux apports, gérant affilié à la sécurité sociale des indépendants. |
| Annexes | CV du fondateur, résultats de l’enquête auprès de 100 habitants, devis du matériel, tableaux financiers détaillés. |
Les erreurs fréquentes
Une fiche du réseau des chambres de commerce et d’industrie et du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables (juin 2017), écrite pour les projets de reprise d’entreprise, relève ces erreurs. Bpifrance Création en ajoute d’autres pour les prévisions financières :
- une stratégie affichée, un projet personnel et des caractéristiques de l’entreprise qui ne sont pas cohérents ;
- ne penser qu’au produit, en supposant que le marché suivra s’il est bon ;
- surestimer la croissance du chiffre d’affaires ;
- sous-estimer les moyens nécessaires pour la générer, notamment les moyens commerciaux ;
- penser « rentabilité » avant « trésorerie », ou « part de marché » avant « rentabilité » ;
- s’arrêter à des détails ;
- oublier les coûts indirects, le besoin en fonds de roulement et le coût des charges sociales ;
- dépendre d’un fournisseur unique.
Outils et accompagnement
Bpifrance Création propose gratuitement l’outil en ligne « Mon business plan », accessible avec un compte Pass Créa. Présenté dans un webinaire de 2019, il s’organise en six modules : l’idée et le projet, le créateur et l’équipe, l’étude de marché, la stratégie, l’activité et les moyens, le financement. Les tableaux financiers (compte de résultat, plan de financement, plan de trésorerie sur trois ans) se construisent automatiquement à partir des chiffres saisis. Le dossier s’exporte en PDF, se partage avec des associés, des investisseurs, des conseillers ou des banquiers, et peut être dupliqué pour comparer des hypothèses : structure juridique, achat ou location d’un matériel coûteux, recrutement ou sous-traitance.
Un expert-comptable ou un réseau d’accompagnement peut aussi vous aider à construire ou à valider les comptes prévisionnels. Pour situer le business plan dans l’ensemble du parcours, consultez notre guide pour créer son entreprise.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un business plan ?
C’est la déclinaison concrète, opérationnelle et chiffrée du modèle économique d’une entreprise : il décrit le projet, la stratégie, les moyens à mettre en œuvre et les prévisions financières.
Un business plan est-il obligatoire pour créer une entreprise ?
Il ne fait pas partie des pièces demandées pour immatriculer une société. En pratique, les financeurs et les investisseurs s’appuient dessus pour étudier le projet.
Combien de pages doit faire un business plan ?
Bpifrance Création indique entre 10 et 30 pages, avec un résumé de une ou deux pages en tête.
Combien de temps faut-il pour le rédiger ?
Il n’existe pas de règle. D’après Bpifrance Création, une première version peut prendre quelques jours ou quelques semaines, le temps de construire un chiffre d’affaires crédible. Les tableaux financiers se font ensuite en une matinée ou une journée.
Quelle différence entre business plan et prévisionnel financier ?
Le prévisionnel financier est la partie chiffrée du business plan : compte de résultat, plan de financement, plan de trésorerie, et selon les cas bilan. Le business plan comprend aussi la partie qui présente l’équipe, le projet, le marché et la stratégie.
Un business plan est-il obligatoire pour obtenir un prêt ?
Il n’est pas demandé pour immatriculer l’entreprise, mais Service-Public le présente comme l’outil pour convaincre les banques et les investisseurs : c’est le support de la discussion avec le financeur.
Qui peut m’aider à faire un business plan ?
Un expert-comptable ou un réseau d’accompagnement peuvent vous aider à construire ou à valider les comptes prévisionnels. Des outils en ligne gratuits existent, comme « Mon business plan » de Bpifrance Création.
Quel est le prix d’un business plan ?
Il n’existe pas de tarif réglementé. Rédigé par vos soins avec un outil gratuit, il ne coûte que du temps ; confié à un expert-comptable ou à un prestataire, il se facture sur devis.
Quelle différence entre business plan et business model ?
Le business model est le concept qui permet de gagner de l’argent. Le business plan le décline de façon concrète, opérationnelle et chiffrée.
Peut-on faire un business plan gratuitement ?
Oui, avec l’outil en ligne « Mon business plan » de Bpifrance Création, accessible avec un compte Pass Créa.
Sources
Informations vérifiées le 17 octobre 2026 sur les pages suivantes :
- Bpifrance Création : comment faire un business plan efficace ?
- Bpifrance Création : support du webinaire « Business plan » (2019)
- Bpifrance Création : établir ses prévisions financières (décembre 2025)
- Fiche « Le business plan » du réseau des CCI et du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables, projets de reprise (8 juin 2017)
- Service-Public Entreprendre : comment concevoir un business plan (vérifiée le 26 décembre 2025)
- Service-Public Entreprendre : comment créer une société ? (vérifiée le 12 septembre 2025)



